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Chanteurs - Artistes lyriques - Art vocal

DELNA Marie (1875-1932)

89eme division
mardi 5 février 2008.
 

Artiste lyrique

Marie Delna, Marie Ledant de son vrai nom, est née à Paris le 3 avril 1875. Orpheline de sa mère à quinze mois, elle et sa soeur Louise sont recueillies à Longjumeau par leur grand-mère maternelle Marie Louise Benoist.

A l’âge de sept ans elle est recueillie par ses grands parents paternels Jean-Alphonse Ledant et son épouse Emilie, née Toutain, propriétaires du fond du Café du Panorama à Meudon.

Elle était, jusqu’à sa découverte par le peintre Eugène Baudouin, alors qu’elle n’avait pas encore 15 ans, externe de l’Institution des soeurs de la Présentation à la Vierge, située dans la Grande Rue, à Meudon (actuellement rue de la République) et elle s’y destinait au noviciat.

Elle fit ses études musicales avec Rosine Laborde. Mme Savary qui était professeur de diction et de maintien en scène, lui a donné quelques cours.

En 1892, la petite Marie n’a que dix-sept ans lorsqu’elle débute à l’Opéra-Comique dans le rôle de Didon des Troyensd’Hector Berlioz, avec le célèbre ténor Emmanuel Lafarge dans le rôle de Enée, Mlle Bonnefoy (Ascagme), Challet (Narbal), Clément (Hylas), David (Iopas), Mlle de Beridez (Anna), Fournets et Belhomme (deux soldats), Taskin (Priam), Fugère (Chorèbe) et Bouvet (Hector). C’est un véritable triomphe pour la jeune chanteuse qui débute alors.

Le 16 janvier 1893, elle est la première Charlotte française de Werther de Jules Massenet avec Ibos (Werther), Bouvet (Albert) et Thierry (le bailli), Barnolt (Schmidt), Artus (Johann), Eloi (Bruhlmann), Mmes Laisné (Sophie) et Domingue (Kathchen), sous la direction de Cavalho.

Le 23 novembre 1893, elle crée le rôle de Marceline de L’Attaque du Moulin (A.Bruneau) avec G. Leblanc, Vergnet, Bouvet et Clément, sous la direction de Danbé.

Le 18 avril 1894, elle obtient le rôle de Mistress Quickly et participe avec Louise Grandjean, Lise Landouzy, Victor Maurel, Edmond Clément et Gabriel Soulacroix à la première version française de Falstaff, en présence de l’auteur ; le compositeur Verdi.

Cette année-là, elle joue le rôle de Meala dans la reprise de Paul & Virginie de Victor Massé. Le 1er avril 1895, elle crée également à titre posthume du compositeur Benjamin Godard La Vivandière dans le rôle de Marion avec Edmond Clément et Lucien Fugère. Cette même année, elle est Jeanne dans La Jacquerie et en 1896, elle est dans Orphée, Don Juan et Zerline.

Hommage à Marie Delna (Le Petit Journal)

Le 9 mai 1898, elle fait une entrée triomphale à l’Opéra de Paris dans le rôle de Fidès du Prophète de Meyerbeer avec Alvarez, Bosman, Fournets, Cabillot, Gresse et Bartet ; puis chante le rôle de Léonore de La Favorite (Donizetti) encore avec le ténor Alvarez ; le 15 novembre 1899, elle crée Cassandre de La Prise de Troie avec le baryton Maurice Renaud ; le 7 février 1900, elle est Guinèvre de Lancelot du Lac (V. Joncières) avec Albert Vaguet.

Elle part ensuite pour Milan et chante pendant deux saisons (1898-1910) au Teatro Lirico.

Elle se produisit également à Aix-les-bains dans Sanson et Dalila, La Favorite et Carmen.

Elle revient ensuite à l’Opéra-Comique pour chanter Orphée (Gluck), est crée le rôle de l’Ogresse dans Hansel et Gretel (Humperdinck) en juillet 1900 avec Rioton (Gretel), de Craponne (Hansel), Delvoye, Dhumon, Mastio, Dafferye et à l’orchestre André Messager.

En janvier 1901, Delna est une Carmen remarquable pour son talent vocal et son habile jeu de scène, le 29 avril 1901, elle crée Marianne dans l’Ouragan (Bruneau) avec J. Raunay, Bourbon, Adolphe Maréchal, Dufranne, Mlles Guiraudon, Eyreams et Rioton, orchestre dirigé par Alexandre Luigini.

En juillet 1903, les revues musicales nous apprennent avec tristesse que Marie Delna après de grands et beaux succès se retire de la scène pour rester auprès de son mari qu’elle vient d’épouser.

En octobre 1907, elle fait un retour inattendu et triomphal au Théâtre de la Gaîté (tenue par les Frères Isola) dans une reprise de La Vivandière ; les journalistes de l’époque déclarent qu’elle est engagée par le théâtre pendant trois mois pour des appointements de 150 000 francs ... c’est aussi l’année ou elle triomphe à la Scala de Milan dans Orphée de Gluck, avec le célèbre chef d’orchestre Arthuro Toscanini.

Après un an d’absence de scène (peut-être le temps de prendre possession de son rôle) on la retrouve en France pour créer à l’Opéra-Comique le 7 février 1912 La Lépreuse de Lazzari avec Marguerite Carré, Brohly, Léon Beyle, Félix Vieuille et Louis Azéma sous la direction de François Ruhlmann. Les représentations durent jusqu’en juin.

Par ailleurs, de 1909 à 1922, elle apparaît irrégulièrement dans plusieurs grandes salles : à Monte-Carlo, à Paris (Opéra Garnier), en Angleterre (Covent-Garden), à New York (Metropolitan Opera House).

Après sa carrière et la guerre de 1914, elle fera, en 1919, l’acquisition d’un hôtel particulier à Montmorency. Ruinée par un banquier indélicat, elle sera obligée de le revendre en 1926 pour louer à Villemomble une jolie villa, puis un modeste pavillon.

Ensuite, son nom finit par disparaître de la une des journaux musicaux. Peut-être fait-elle encore quelques tours de chant ça et là, enseigne-t-elle le chant comme beaucoup de chanteurs à la retraite, ou se retire-t-elle auprès de sa famille ?

Sa fin est étonnante pour quelqu’un qui a connu la gloire : elle meurt à l’hopital de la Pitié, où elle a été transportée dans une chambre particulière à la demande du professeur Aubertin et y décède le 24 juillet 1932 à 22 heures.

L’absoute à laquelle participent des artistes de l’Opéra est célébrée le 28 juillet à Saint Marcel.

Ses amis se cotiseront pour que ses cendres soient transférées du cimetière de Thiais, où elle avait été inhumée dans une concession provisoire, au Père Lachaise, le 28 juillet 1933, jour aniversaire de son enterrement.