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Ancien régime XVIIe siècle (transféré en 1817)

MOLIERE, Jean Baptiste Poquelin dit (1622-1673)

25eme division (1ere ligne, P, 24)
dimanche 28 janvier 2007.
 

L’auteur de "Tartuffe"

Jean Baptiste Poquelin, qui deviendra Molière, est né à Paris le 15 janvier 1622. La date de sa naissance n’est pas trés précise, seule, celle de son baptême semble certaine.

Auteur le plus joué depuis la création de la Comédie-Française, figure tutélaire et symbole du théâtre français et de la troupe, Molière concentre dans son nom mémoire, renouvellement et jeunesse du répertoire de la Comédie-Française. Il dépasse l’histoire et l’anecdote. S’il n’a pas connu la Comédie-Française, sa vie d’homme de théâtre en a préparé la création.

Fils de Jean Poquelin, valet de chambre et tapissier ordinaire de la Maison du Roi, Jean-Baptiste Poquelin, qui prendra plus tard le pseudonyme de Molière, fait d’excellentes études au Collège de Clermont (futur Lycée Louis-Le Grand), peut-être complétées par un peu de droit. Mais dès 1643, il renonce à l’avenir bourgeois que lui garantit la jouissance héréditaire de la charge paternelle pour s’associer par contrat avec neuf comédiens, dont Madeleine Béjart, et fonder la troupe de « l’Illustre Théâtre ».

Après des débuts difficiles à Paris, Molière et ses comédiens, de 1646 à 1658, parcourent la province française comme les troupes ambulantes de son époque. Le 24 octobre 1658, la troupe de Molière est autorisée à paraître devant la Cour. Sous la protection de Monsieur, frère du Roi, les comédiens s’installent au Théâtre du Petit-Bourbon, qu’ils partagent avec les Comédiens italiens dirigés par le célèbre Scaramouche (Tiberio Fiorelli). C’est là, après de premiers essais en province (l’Étourdi et le Dépit amoureux) que Molière connaît son premier grand succès d’auteur, avec les Précieuses ridicules en 1659.

En 1661, la troupe déménage dans la salle du Théâtre du Palais-Royal ; Molière y assume désormais de front les fonctions de comédien, de chef de troupe et d’auteur. Les pièces nouvelles, dans lesquelles Molière joue toujours, et qu’il écrit sur mesure pour les membres de sa troupe, se succèdent à un rythme rapide. Parmi plus de trente pièces, citons notamment l’École des femmes, avec laquelle il hisse le genre mineur de la comédie au niveau du grand genre, l’Impromptu de Versailles, le Misanthrope, Amphitryon, l’Avare, George Dandin, Monsieur de Pourceaugnac, le Bourgeois gentilhomme, Tartuffe, Dom Juan, les Fourberies de Scapin, les Femmes savantes, le Malade imaginaire...

En 1662, à l’âge de quarante ans, Molière épouse Armande Béjart, la fille de Madeleine, de vingt ans sa cadette, mariage pas toujours heureux. Ayant gagné la faveur de Louis XIV, Molière devient le fournisseur attitré des divertissements de la Cour pour laquelle il organise, avec le compositeur Lully, de grandioses fêtes à Versailles.

De la collaboration de Molière et Lully naît un genre nouveau, la comédie-ballet. En 1665, la troupe de Molière devient la « Troupe du Roy ». Néanmoins, son œuvre ne fait pas toujours l’unanimité. Son Tartuffe, qui attaque ouvertement les faux dévots, est en butte aux persécutions de la cabale des dévots, soutenue par la toute puissante Compagnie du Saint-Sacrement. D’interdiction en interdiction, de placet au roi en placet au roi, Molière met cinq ans à obtenir l’autorisation de jouer Tartuffe, mais il ne parvient pas à éviter la rancune du clergé.

Épuisé par le travail, les chagrins domestiques, la lutte incessante menée contre tous ceux qu’il a attaqués dans ses pièces (comédiens rivaux, gens de lettres, médecins et dévots), Molière meurt le 17 février 1673, à l’issue de la quatrième représentation du Malade imaginaire. L’Église lui refuse d’abord la sépulture religieuse, et il est inhumé presque clandestinement grâce à l’intervention royale.

Les restes (supposés) de Molière, ont été tranférés au cimetière du Père Lachaise en 1817.

C’est avant tout pour promouvoir le site que l’on a amené dans la 25eme division ces deux illustres personnages du XVIIeme siècle, que sont le fabuliste Jean de La Fontaine (dont les restes se trouvent certainement aux Catacombes) et Jean baptiste Molière, dont la sépulture d’origine n’a jamais été clairement localisée...

L’ÉPHÉMÉRIDE DU PÈRE LACHAISE

17 février 1673.

4ème représentation du Malade imaginaire, que Molière, malgré son état, refuse d’annuler.

Pris d’une convulsion sur scène, il est transporté dans sa chaise, crachant du sang.

Il refuse un des bouillons que sa femme a toujours en réserve, mange un peu de pain et de parmesan, puis se met au lit.

Il charge Baron d’aller chercher Armande, son épouse, et, comme il désire recevoir les sacrements et abjurer pour mourir en chrétien, on envoie « par plusieurs fois son valet et servante à Saint-Eustache, sa paroisse », dira Armande Béjart dans sa Requête à l’archevêque de Paris.

Il meurt auprès de deux religieuses venues quêter pendant le carême, auxquelles il donne l’hospitalité, avant l’arrivée de sa femme et en l’absence des deux prêtres auxquels on s’est adressé, car ils ont refusé de se déplacer.

Jean Aubry, son beau-frère, est à son tour parvenu à convaincre un troisième prêtre, l’abbé Paysant, de se lever, mais, poursuit Armande : « toutes ces allées et venues tardèrent plus d’une heure et demie pendant lequel temps ledit sieur Molière décéda et ledit sieur Paysant arriva comme il venait d’expirer ».

Le comédien étant mort sans abjurer, ses obsèques suscitent de grandes difficultés « et comme ledit sieur Molière est décédé sans avoir reçu le sacrement de confession dans un temps où il venait de représenter la comédie, Monsieur le curé de Saint-Eustache lui refuse la sépulture ». Puis, sur l’intervention du roi, l’archevêque autorise le curé de Saint-Eustache à enterrer Molière dans le cimetière de la paroisse, mais sans aucune pompe, ni service solennel, « hors des heures du jour. » On l’inhume donc au cimetière Saint-Joseph, dépendant de la paroisse, mais il est possible qu’on le transfère rapidement dans la partie réservée aux suicidés et aux enfants non baptisés, qui n’est pas terre sainte.

... Le 6 mars 1817, les restes (hypothétiques) de Molière et La Fontaine après avoir été conduits à l’église Saint-Germain-des-Prés où fut célébrée une messe, feront leur entrée solennelle au Père-Lachaise.

Extraits du remarquable site « toutmoliere.net » édité par l’Office de Tourisme de Pézenas Val d’Hérault.